En bref : il n’existe pas de badge Vigik « universel » en vente libre qui ouvrirait toutes les portes d’immeuble. Les seuls badges multi-immeubles légaux sont réservés à des professionnels identifiés (La Poste, opérateurs postaux autorisés, distributeurs adhérents de l’ADBAL), ne se vendent pas au public et doivent être rechargés très régulièrement. Les « badges universels » proposés sur Internet sont soit des arnaques, soit des copies frauduleuses.
Comment fonctionne le système Vigik ?
Vigik est un système de contrôle d’accès conçu à l’origine par La Poste pour permettre aux facteurs d’entrer dans les halls d’immeuble sans multiplier les clés. Chaque porte équipée d’une centrale Vigik reconnaît des « services » (La Poste, EDF/Enedis, GRDF, pompiers, opérateurs télécom…). Un badge de service n’ouvre la porte que s’il porte une habilitation valide et récente, signée électroniquement.
C’est la grande différence avec un badge de résident : le badge d’un professionnel expire. Il doit être rechargé sur une borne sécurisée, faute de quoi il devient inutilisable. Un badge perdu ou volé cesse donc rapidement de fonctionner.
À noter : ce sont les copropriétaires, réunis en assemblée générale, qui décident des modalités d’accès à l’immeuble (article 26 de la loi du 10 juillet 1965), comme l’a rappelé le gouvernement dans une réponse parlementaire de 2013.
Les badges de l’ADBAL : ils existent, mais pas pour tout le monde
Depuis février 2010, l’ADBAL (Association de distribution en boîtes aux lettres) regroupe des entreprises de distribution (colis, journaux municipaux, presse, imprimés non adressés…). La Poste a accepté de partager avec ses adhérents son code de service Vigik, afin que d’autres distributeurs puissent accéder aux boîtes aux lettres.
Ces badges sont parfois présentés à tort comme des « badges Vigik universels ». En réalité, ils sont très encadrés :
- Réservés aux professionnels : l’adhésion exige un extrait Kbis de moins de 3 mois mentionnant l’activité de distribution, les bilans, des attestations Urssaf et fiscale, une pièce d’identité du dirigeant et une assurance responsabilité civile. L’entreprise doit aussi informer par courrier les syndics des départements où elle distribue.
- Vente libre interdite : les badges ne s’achètent pas en magasin ni sur une marketplace. Ils se commandent uniquement auprès de l’ADBAL, après validation du dossier (associationadbal.com). Ils ne peuvent être ni prêtés, ni loués, ni revendus.
- Charte obligatoire : identification des distributeurs, respect des autocollants « Stop pub », information des gestionnaires d’immeubles et respect de leurs refus. Les manquements peuvent aller jusqu’à l’exclusion.
- Rechargement régulier : un badge chargé reste valable 3 jours. Il doit ensuite être rechargé sur une borne dédiée (borne Horanet installée chez l’adhérent). Seuls les badges Horanet fournis par l’association fonctionnent.
- Un coût réel : droit d’entrée (700 € HT la première année, 450 € HT pour un auto-entrepreneur limité à 4 badges), cotisation annuelle, prix du badge et redevance mensuelle par badge.
Et l’ARCEP dans tout ça ?
La loi postale de 2005 garantit aux opérateurs postaux titulaires d’une autorisation de l’ARCEP un accès aux boîtes aux lettres dans les mêmes conditions que La Poste. Dans un communiqué du 15 février 2008, l’ARCEP a précisé que ces opérateurs autorisés partagent l’identifiant Vigik de La Poste. Autrement dit, l’accès Vigik « postal » est lié à un statut d’opérateur autorisé, pas à un simple achat. L’ARCEP ne délivre rien au grand public.
Attention aux faux badges universels
Les offres de « badge Vigik universel » vendues entre particuliers ou sur des sites douteux sont au mieux inefficaces (le badge ne se recharge pas et cesse de fonctionner), au pire illégales. En février 2020, la police a démantelé à Paris un réseau qui fabriquait de faux badges Vigik à partir de données volées chez un distributeur : jusqu’à 150 badges par semaine, revendus notamment à des cambrioleurs. Selon les enquêteurs, une grande partie des suspects de cambriolage interpellés étaient porteurs de ces faux badges.
Utiliser ou détenir un badge obtenu frauduleusement expose à des poursuites (accès frauduleux, recel). Et pour les résidents, c’est un vrai risque de sécurité.
Ce que vous pouvez faire légalement
- Dupliquer votre propre badge de résident (avec l’accord de votre syndic ou de votre bailleur si le règlement l’impose) : c’est simple, rapide et bien moins cher qu’un badge commandé au syndic. Suivez notre guide pour copier son badge d’immeuble.
- Choisir un badge vierge compatible : nos badges RFID et cartes RFID acceptent la copie des badges Mifare Classic 13,56 MHz, les plus courants en résidence.
- Vous êtes livreur ou distributeur professionnel ? Rapprochez-vous de l’ADBAL ou de votre donneur d’ordre (La Poste, transporteur) pour obtenir un accès officiel. Pour les boîtes aux lettres à serrure PTT, découvrez aussi nos clés PTT.
Questions fréquentes
Un badge Vigik universel ouvre-t-il toutes les portes ?
Non. Aucun badge vendu au public n’ouvre toutes les portes équipées Vigik. Les badges de service des professionnels sont nominatifs, expirent rapidement et doivent être rechargés sur une borne sécurisée.
Puis-je acheter un badge ADBAL ?
Seulement si vous êtes une entreprise de distribution, après adhésion et validation de votre dossier par l’association. Les badges ne sont jamais vendus librement.
Puis-je copier mon badge d’immeuble ?
Oui, pour votre propre usage, si votre badge n’est pas protégé contre la copie. Un smartphone Android avec NFC suffit souvent : voir notre guide en images.
Sources
- ADBAL – Association de distribution en boîtes aux lettres et sa page formalités d’adhésion
- ARCEP, communiqué du 15 février 2008 sur l’accès des opérateurs postaux aux boîtes aux lettres
- Assemblée nationale, question écrite n° 13683, réponse publiée le 18 juin 2013
- Clubic, 17 février 2020 : démantèlement d’un réseau de faux badges Vigik à Paris